Le système Cashless a pris d’assaut tous les grands et petits festivals de France et continue sa conquête en 2016. Son fonctionnement est simple : vous rechargez votre compte «cashless» en amont sur internet ou aux stands dédiés sur le festival, et payez ensuite tous vos achats avec un simple scan de votre badge, carte ou bracelet. Au revoir les poches pleines de jetons ou de pièces, cashless centralise sur un seul outil votre monnaie, et vous évite de ramener votre portefeuille sur l’événement. Si sur le papier, tout semble fonctionner, nous avons néanmoins observé quelques problèmes liés à ce nouveau système. Pour lever toutes les interrogations des festivaliers sur ce moyen de paiement, nous avons contacté Louis qui travaille pour PayInTech, la société qui commercialise et organise ce système pour les festivals Hellfest et la Route du Rock, entre autres.

2015 a été l’année test du système sur plusieurs grands festivals, quel est le bilan de cette année ? Peut-on prouver que les consommations des festivaliers augmentent grâce à ce système ?

Le bilan est très positif. Les premiers festivals cashless (HellFest, Route du Rock, Jardin du Michel notamment) ont été satisfaits des solutions déployées et renouvelleront l’expérience en 2016, suivis par de nouveaux grands noms qui franchissent le pas (Festival Interceltique de Lorient et les Escales notamment). Nous avons des statistiques par rapport aux éditions précédentes et on a tendance à observer une augmentation significative de la consommation. Celle-ci est le résultat de trois facteurs distincts :

– nos solutions fluidifient les bars en accélérant l’encaissement

– les statistiques générées permettent de réduire certains coûts

– les festivaliers apprécient le côté ludique du cashless et consomment plus sans toujours s’en rendre compte sur le coup. En revanche, côté festivaliers, le support cashless peut également être un excellent moyen de limitation de leur propre consommation. Le budget alloué est transféré sur le support RFID et il n’est pas dépassé.

Nous savons que certains festivals français ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Pour eux chaque choix a une vraie importance, quels sont les retours des différents organisateurs ?

L’utilisation de notre solution est un investissement qui peut s’autofinancer. Les cartes en caution et l’augmentation du chiffre d’affaires compensent largement les sommes engagées pour la mise en place de notre système. PayinTech permet aux festivals de se détacher des besoins en subventions aujourd’hui indispensables pour la majeure partie d’entre eux.

Certains festivaliers sont très attachés à leurs traditions et ont vu le système cashless comme une nouvelle contrainte dans l’organisation de leur festival, comment rassurer tous ces festivaliers frileux qui sont bien souvent des fidèles d’un événement ?

Dans les années et même dans les mois qui viennent, le cashless ne sera pas seulement déployé dans les festivals mais également dans le tourisme et les loisirs dans leur globalité.

Tout comme la carte bancaire à son arrivée sur le marché, le cashless peut effrayer mais à l’usage on observe une satisfaction globale des utilisateurs pour des raisons de rapidité, de praticité et de sécurité. En outre, les festivaliers repartent avec un bracelet ou une carte brandée à l’image de leur festival, ce qui constitue un objet collector unique pour ces fans.

Beaucoup de clients trouvent que le cashless n’apporte pas plus de fluidité (toujours autant de queue au bar, pour la recharger, machine qui peuvent être en panne), le système tend-il à évoluer prochainement ? Quelles sont les innovations prévues ?

Sauf incident technique comme on a pu le constater à Garorock ou aux Plages Électroniques l’été dernier, le cashless apporte de la fluidité pour les raisons mentionnées ci-dessus, ce sont souvent les tireuses ou les bras qui manquent sur les événements où l’attente est importante.

Notre rôle est d’accompagner et de conseiller les organisateurs dans la mise en place du système à travers notre connaissance terrain. Grâce aux statistiques et à notre expérience, nous sommes à même d’aiguiller les organisateurs sur la mise en place de terminaux dans des endroits stratégiques et dans un nombre suffisant.

La pré-commande permet d’accentuer la fluidité, en supprimant la 1ère étape du rechargement. Lors du Hellfest, près de 10 000 cartes préchargées ont d’ailleurs été envoyées au 4 coins du monde, permettant aux festivaliers d’aller consommer directement en arrivant au festival.

L’application mobile est une des innovations prévues sur notre solution. Elle va permettre au festivalier/touriste d’avoir à portée de main tous les services liés au cashless : rechargement mobile, remboursement, opposition, offres promotionnelles push, etc. Nous avons déjà commencé à déployer des terminaux bancaires PayinTech qui fonctionnent en lien direct avec nos terminaux pour plus de fluidité lors des paiements.

L’autre point critique est que, la carte (bracelet, badge ) ne fonctionne pas sur tous les stands de l’événement (merchandising, restauration ) et que les festivaliers doivent donc toujours apporter du «cash» pour payer certains de leurs achats sur place, travaillez-vous avec les festivals et leurs différents prestataires pour changer cela ?

Tout à fait, en plus du rôle de prestataire technique, nous avons un rôle d’accompagnement et de conseils auprès des structures avec lesquelles nous travaillons.

Notre objectif est de réenchanter le parcours des utilisateurs. Faire en sorte de rendre utilisable le cashless sur l’ensemble des points de vente des événements et structures fixes est un moyen pour y arriver. Dans la plupart des événements que nous équipons c’est d’ailleurs le cas.

Le dernier point qui peut freiner, et les festivaliers sceptiques ont besoin d’être rassurés, est l’exploitation de leurs données et le remboursement de leurs crédits. Comment être sur qu’on est bien protégé et comment récupérer ses crédits si on ne veut pas renseigner son numéro de carte bleue sur internet ?

En France, les données peuvent être exploitées uniquement si le consommateur a donné son accord. Nous ne dérogeons pas à cette règle et sommes conformes aux exigences de la CNIL.

Pour ce qui est du remboursement, il peut être mis en place sur le lieu de l’événement ou de la structure fixe. Cela permet de ne pas avoir à renseigner ses numéros de CB. Si le remboursement se fait en ligne, nous sommes adossés à un établissement de monnaie électronique qui prend en charge le remboursement. Les données bancaires sont ainsi parfaitement sécurisées.

Les sociétés qui commercialisent ce système sont de plus en plus nombreuses, comment se démarquer sur ce marché devenu ultra compétitif ?

Nous nous démarquons à travers deux aspects. D’une part la qualité de service que nous proposons. Que cela soit sur un événement, dans un parc de loisirs ou dans une structure d’hébergement, nous accordons une très grande importance à l’écoute de nos clients. Nous sommes présents en amont pour la mise en place du projet dans la phase de conseil, et également pendant l’événement ou la saison touristique, ainsi qu’en aval pour le service client, la maintenance et l’évolution de notre solution.

D’autre part nous nous démarquons d’un point de vue légal puisque nous sommes aujourd’hui la seule solution cashless répondant aux critères du cadre légal et réglementaire. En France, il est interdit d’encaisser pour le compte de tiers et de recréer une monnaie électronique sans avoir obtenu les agréments nécessaires. PayinTech est adossé à un Établissement de Monnaie Électronique, S-Money, qui permet de répondre à ces exigences réglementaires. 3 maîtres mots sont donc à l’ordre du jour : conformité réglementaire, offre de services complète et connaissance du terrain.

Est-ce que la démocratisation des cartes de paiement «sans contact» est perçue comme un potentiel frein à l’expansion du système ?

Non, au contraire. L’utilisation de plus en plus fréquente des cartes bancaires équipées de la technologie sans contact permet de faire connaître la technologie NFC que nous utilisons et de démocratiser le geste qui consiste à simplement poser sa carte pour payer.

Nous sommes de notre côté sur un secteur bien particulier, celui du tourisme et des loisirs, et dans ce type de structure avoir son portefeuille sur soi est souvent compliqué. L’utilisation d’un bracelet de paiement permet de pouvoir se balader sur la plage, dans un parc aquatique, d’attraction ou de loisir sans une pièce en poche. En outre, la limitation du montant payable par CB sans contact par transaction et par jour est un vrai inconvénient et empêche son utilisation à vaste échelle, bientôt pourrons nous payer également en bitcoin via son ledger Nano S Wallet.

Le système ne s’est pas encore exporté sur les grands festivals d’Espagne ou d’Angleterre, c’est la prochaine étape ou le public de ces pays n’est pas demandeur de ce type d’innovation ?

Certains grands festivals anglais et espagnols ont déjà eu des expériences du cashless. Nous sommes bien entendus ouvert au marché international. PayinTech est présent dans 9 pays dont les Philippines, où nous équipons le Malasimbo Festival mais également des Resorts et des Clubs. Nous équipons également le Venezia More en Italie, l’Oasis Festival au Maroc, plusieurs festivals en Suisse et en Afrique noire. Notre place à l’international ne fait que croître et nous sommes à l’écoute du marché européen et même mondial dans sa globalité. Le public est demandeur de ce type d’innovation quelque soit l’endroit du monde.

Au-delà des festivals, tentez-vous d’implanter ce système dématérialisé sur d’autres grands événements ?

Aujourd’hui nous sommes d’ores et déjà présents sur des événements sportifs d’ampleur mondiale, à la fois automobiles (Circuit des 24h du Mans), équestres (Jumping de Valence), de montagne (Critérium de la Première Neige, Challenge des Moniteurs) mais également culinaires (Taste of Paris) et culturels (Monumenta 2016 au Grand Palais).

Les événements sont aujourd’hui une petite partie de notre activité. En effet, depuis 2 ans nous avons opéré un virage vers les structures fixes du tourisme et des loisirs. À l’heure actuelle, nous équipons des parcs de loisirs, resorts, salles de spectacle, campings et stades.

PayinTech poursuit également son développement en montagne pour équiper les stations en été comme en hiver, c’est pourquoi le Bracelet Station a été lancé avec la Banque Populaire des Alpes. Notre solution a été conçue pour répondre aux problématiques des structures du tourisme et des loisirs, et améliorer l’expérience des clients finaux de ces destinations.

©Flow Festival / ©Billboard